Édito 2012-2013

Une ville, une histoire, des histoires ...

Berlin sera cette année notre lieu d’étude.
Au travers de la ville, il sera question des choix relatifs à la conservation du patrimoine, à la survie des histoires, à la persistance de la mémoire.

Au travers des monuments, des quartiers, de l’Histoire, nous chercherons à retrouver les traces.
Traces de l’histoire, traces de vie, traces du passé qui se mêlent à celles du présent.
Nous chercherons à retrouver comment la mémoire de la 2nde guerre mondiale apparaît dans la ville. Nous regarderons comment la guerre froide y a marqué le paysage urbain.
Nous réfléchirons sur le maintien ou l’effacement des traces...
Grâce aux images, nous nous placerons en témoins de la mémoire et inscrirons dans notre présent les choix du passé.

Ce sera l’aventure des 35 terminales L option arts de cette année...
Chercher à regarder les traces...

        


Billets
Mercredi 21 novembre
 



La brume l’avait empêché de chanter ce matin. Tout seul, sur son morceau de béton, il attendait quelque chose, quelqu’un peut-être, le soleil sûrement.
Au milieu de la ville, il trouvait son refuge sur ces stèles grises.
Bientôt, il allait être rejoint...



Le métro les avait fidèlement transportés et ils arrivaient sur le lieu d’étude de ce jour... bien couverts, bien équipés, prêts à affronter une matinée à l’extérieur.


Ils sont là, ils écoutent, ils observent, s’imprégnant du lieu, percevant la démarche de l’artiste, réfléchissant sur la question mémorielle face au monument des juifs assassinés d’Europe. Les formes, les couleurs, la matière, le son, le sol.. tout passe en revue. Le guide les questionne en anglais, et courageusement ils répondent, participent malgré le froid...


         


Le groupe continue sa découverte dans le Tiergarten et le débat est ouvert autour du monument pour la mémoire des homosexuels exterminés à l’entrée du jardin. Un cube de béton, une vidéo à l’intérieur et peu d’explications...

Lucille remonte son écharpe en fourrure, Manon tape ses pieds gelés, Elsa se fait réchauffer les mains, Léo saute dans tous les sens, Élodie ne quitte pas son écran témoin, Romain découvre la difficulté de gérer un écran tactile avec des gants, Julian sourit, Magalie mitraille, Dorian se lance dans des questions en anglais...

Et le groupe se dirige vers le monument dédié à la mémoire des Roms et des Sintis.
Un espace-jardin clos par des parois de verre, un portail en métal rouillé. Un immense bassin circulaire noir nous attend.

Il y a une musique tzigane très douce, un poème tout autour du bassin, de l’eau qui tourne doucement, des fleurs... des noms de lieux de tragédie inscrits sur les pierres. Chacun circule en silence en se demandant si chaque lieu de mémoire a sa raison d'être ou s'il aurait mieux valu les regrouper en un seul...sans donner de réponse pour le moment, ils en reparleront ce soir.

Le jour commence déjà à décliner lorsqu'ils arrivent au musée juif de Berlin. Une découverte architecturale pour certains, historique pour d'autres, sensorielle pour tous. Investis, concentrés malgré la quantité d'informations à assimiler, ils continuent de se questionner, regrettant souvent de ne pas en savoir davantage.

        


La séance de travail du soir est animée. La reflexion sur le carnet de bord fait remonter certaines questions sur le passage du temps, l'effacement des traces, l'importance de symbole, le respect de la mémoire.
Les photos sont colorées, ludiques ou étranges, jamais fades.


Le jour est tombé depuis longtemps...
Dans le mémorial, il ne reste plus que les stèles grises et leurs âmes...
Même l'oiseau est reparti pour ailleurs.
Ce soir, dans son nid, à ses frères oiseaux, il racontera ce qu'il a vu, ceux qu'il a observés, leur regard et leurs jeux, leurs questions et leur légèreté...
Iris, Gladys, Anaïs, Thomas, Sarah, Clara, Mathéo, Max, Chloé et Chloé, Tess, Romain, Galliane, Margaux, Johanne, Maud, Noémie, Pauline, Loïg, Théo, Laurine, Margot, Pierre et Alix ont un peu grandi aujourd'hui encore.
par Bénédicte VADON-GOBLET
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21
novembre
2012
Mardi 20 novembre
 

A peine sortis de la couette, nous affrontons la brume automnale.

Les yeux sont bien petits...la nuit n’a pas été assez longue malgré tout.
La petite troupe connait bien le chemin du métro, et presque plus personne ne se perd à présent... tout le monde s’embarque dans la bonne rame, descend à la bonne station, presse le pas lors des changements.. De vrais citadins, parfaitement intégrés aux autochtones qui vont au boulot!

Nous commencons par Bernauer Strasse, monument commémoratif de la construction du mur en 1961.

Ici, le mur est symbolisé par de longues tiges de métal longeant un espace vert, complété par des lignes au sol matérialisant les immeubles coupés par le mur ainsi qu’une maquette du site à l’époque de la construction.
Chacun circule sur le site, passe de l’est à l’ouest en un pas, une pirouette entre deux tiges métalliques... Chacun sans aucun doute pense aux séparations des familles, des amants, des amis...


Un petit tour dans le métro et nous découvrons l’east side gallery, immense fresque de presque 2kms réalisée par des artistes au moment de la chute du mur.
Les regards partent dans toutes les directions, du détail à l’immensité... Chacun se reconnait dans les fresques, quelques uns regrettent de ne pas pouvoir inscrire leur patte sur celui-ci.
L’art est dans la rue, l’art est à portée de main, des intempéries, des graffitis pas toujours très respectueux, mais quel est le rôle de ces dessins crées dans l’instant, hors d’un musée, symbole de paix et de liberté?




Après un bon repas dans une taverne bavaroise (et, oui, à Berlin...) nous repartons sur les traces des points de passage entre Berlin-est et Berlin-ouest.
Le palais des larmes (Tränen palast) nous livre les controles obligatoires à franchir et l’angoisse de ceux qui s’y présentent.
Le chek point Charlie dévoile au contraire comment un lieu clé de la guerre froide est devenu un lieu clé du tourisme et de son commerce...

Ce soir, le travail progresse, les positions de tous par rapport à ce que nous voyons s’affirment. Les photos sont de plus en plus difficiles à trier....

Demain, nous resterons encore en plein air, à la recherche des mémoriaux. Nos bonnets et nos écharpes nous accompagneront encore... mais pas de froid polaire en vue.
La cohérence du groupe donne à ce voyage une teinte d’amitié complice. Chacun regarde le travail de l’autre avec critique et bienveillance.
C’est un plaisir pour nous de les aider à ouvrir leurs yeux, apprendre à se taire pour observer, oser parler pour partager...
par Bénédicte VADON-GOBLET
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20
novembre
2012
Lundi 19 novembre
 
Ce matin, le temps parait clair... et pas trop trop froid
Nous avons tous apprécié une longue nuit dans des lits douillets, les douches sont chaudes!
Le petit déjeuner est rapide, avec de minuscule morceaux de beurre que chacun s’arrache, de petits pains, du jus d’orange chimique, des céréales et des yaourts au fruit...
Le nouveau ticket de bus dans la main, nous partons rapidement dans le métro jaune, rempli de gens qui partent au travail.
Nous testons toutes les sortes de train: métro, S Bahn, train régional, même l’autobus...



Nous entrons dans le parc de la maison de la conférence de Wannsee...









Ici, pas de bruit, le lac nous observe, les statues d’anges sont toujours là, muettes spectatrices du passage du temps. Il y a 70 ans, avant le déjeuner, 15 hommes décidaient de la mise en oeuvre technique de la «solution finale»
Nous visitons la villa, découvrons le musée, comprenons mieux les choses...

La cinéaste Leni Riefensthal, cinéaste officielle d’Hitler, nous amène à nous questionner et à débattre autour de la responsabilité de l’artiste au service d’une cause. Faire de l’art pour l’art... où commence la propagande???

Un petit tour à la nuit tombante sur le Quai 17 qui emmena les juifs de Berlin vers des destinations bien trop célèbres, un arrêt devant une oeuvre commémorative et nous rentrons «chez nous».
Ce soir encore, les sourires sont au rendez vous.
Chacun repart vers sa chambre plein d’energie... des questions sont soulevées, mais les réponses viendront peut être plus tard. Peu importe.
Nous avons vu...
par Bénédicte VADON-GOBLET
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19
novembre
2012
Dimanche 18 novembre
 

C’est parti pour 7 jours de voyage
Dans le bus, chacun dit au revoir à ceux qui restent sur le trottoir...
Le paysage défile et les arrêts sont réguliers...
Quelques épisodes remarquables, comme Romain sauvant Elodie de la chute d’un sapin de nöel perpétrée par Théo... qui nous valut les reproches de l’équipe de la halte suisse obligée de faire du bricolage pour raccrocher le dit sapin en fin de service...

La nuit se poursuit. Chacun cherche une position confortable mais les sièges ont leurs lois... et les dos sont douloureux.
Le paysage devient plat, les éoliennes fleurissent... nous sommes bien en Allemagne.

14h, sous la bruine, nous arrivons à Berlin sans soucis.
Tout le monde apprécie de pouvoir s’installer à l’auberge de jeunesse avant de repartir à la découverte du métro, du train de banlieue, de la porte de Brandebourg.



Retour à pied de nuit (la nuit tombe à 16h30, et oui!) le long du jardin central de Berlin, le Tiergarten.
Ce soir, le diner sera servi à 19h30, soit une heure très tardive pour l’Allemagne, mais nous sommes français, et avons donc droit à une dérogation...
Après un temps de travail ce soir, tout le monde sera ravi d’aller se coucher à l’horizontal, dans de vrais lits...!
par Bénédicte VADON-GOBLET
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18
novembre
2012
Elle nous attend
 

« J’ai consacré plusieurs années de travail au Camp de Rivesaltes, à la mémoire de ce lieu. Tout a commencé en 2005, lors de ma première visite. Je ne connaissais rien de l’histoire des camps en général et de celle du camp de Rivesaltes moins encore. Ce fut un choc, avec l’envie immédiate de tout savoir, de tenter de comprendre ce qui avait eu lieu là. De façon obsessionnelle, personnelle, je me suis alors mise à chercher des traces, des éléments pour orienter ma quête. La photographie, premier moyen trouvé pour capter mes émotions, me permit de réaliser ma première exposition sur les baraques, les ruines, les vestiges... Loin du bel ocre et du bleu qui sont la signature de cette région, j’ai guetté le gris et l’absence de ciel, privant ainsi de liberté ces photographies qui devaient témoigner pour ceux qui étaient passés là. »
Elle sera avec nous
Déjà envolée pour Berlin, elle circule dans la ville, cherchant idées et contact, traquant ça et là les choses étonnantes qui s’offrent au regard...
Un sacré personnage !

Pour visiter le site de Nicole Bergé → Cliquez Ici

par Bénédicte VADON-GOBLET
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15
novembre
2012
 
 
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